Yellow Tricycle, « A lovers prayer ». Qui se cache sous le nom de Yellow Tricycle ? L'incontrôlable Damien Saez, petit génie du rock français.
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Moins d'un an après un triple album acoustique sidérant, le revoilà avec un opus essentiellement écrit en anglais. Les textes restent alarmistes et la voix est toujours aussi sexuelle. Ce disque contient des perles introspectives (Killing the lambs), planantes (Braindead , Yellow Tricycle, Is it ok ?) et bastonantes (White noise, Your leather jacket). Autant d'issues pour se soustraire de la pesanteur terrestre.
Comme si l'enfant du désordre avait fait du vertige la matière première de ses chansons. Il invente à chaque fois des ascenseurs inédits pour le septième ciel. Un saut de l'ange sans élastique, telle est la manière qu'a choisie Damien Saez pour échapper à son destin. (Disque Cinq 7. 16,99 E) Clarika, « Moi en mieux ». Sans aucun doute, une artiste méritant une tout autre visibilité. Clarika a déjà quinze de carrière derrière elle. Il vous faut des repères ? Le magnifique Non ça s'peut pas ou Les garçons dans les vestiaires, deux titres diamétralement opposés qui montraient que la chanteuse avait une plume aussi poignante qu'espiègle. Sur ce cinquième album, Clarika jongle entre l'ironie, l'acidité et l'émotion sur des arrangements discrètement racés. Elle dévoile des sentiments complexes notamment sur Lâche-moi , chanson splendide sur les liens d'une mère avec son enfant. Elle use d'un second degré gonflé et percutant sur un morceau qui rappelle la chance de naître en France (Bien mérité). Ce disque, surprenant de bout en bout, s'impose comme l'un des fruits les plus savoureux du printemps. (Disque ULM. 14,99 E).
Morrissey, « Years of refusal ». Il y a bien longtemps que l'ex-leader des Smiths au corps désormais bobybuildé ne nous avait pas offert un album qui tienne vraiment la route. On perdait même sérieusement patience au fur et à mesure de livraisons trop inégales. Les errances sont donc (provisoirement) terminées. Cela commence par Something is squeezing my skul, titre à la batterie martiale et aux guitares fortement saturées. Et cela se poursuit avec des chansons musclées, qui font rarement dans la demi-mesure et pleines d'états d'âme. Point culminant : le sublime When last i spoke to Carol et ses trompettes mariachis. Peut-être le disque d'un nouvel envol pour Morrissey.
(Disque Barclay. 21 E) La Ruda, « Grand soir ». Pourquoi La Ruda , groupe à l'énergie débordante, s'enferme-t-il dorénavant dans des albums studios aux sonorités acoustiques ? Celui-ci trop fourre-tout et sans morceau majeur, risque de laisser l'auditeur indifférent. Reste à donner un rendez-vous scénique à ce combo pour envisager un embrasement. (Disque Wagram.14,99 E)
PATRICE DEMAILLY